Une table phonème–concept et des règles fixées sur une partie du corpus permettent-elles de prédire le sens de vocables jamais vus, mieux que le hasard et que des modèles linguistiques plus simples ?
Jean Pollion propose un système dit idéophonémique dans lequel chaque phonème significatif porterait une abstraction stable — un « soncept » — et où l’ordre ainsi que la répétition composeraient le sens des vocables.
L’hypothèse est stimulante parce qu’elle transforme un vocabulaire opaque en système potentiellement testable. Mais le corpus disponible comprend surtout des vocables isolés déjà accompagnés d’une traduction, peu de phrases complètes et des transcriptions variables. Sans séparation entre découverte et test, l’interprétation peut devenir circulaire : le sens supposé des phonèmes est ajusté à partir des mots qu’il sert ensuite à expliquer.